Policiers brûlés à Viry-Châtillon : vers une relaxe générale des agresseurs ?

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Vêtu d’un gilet pare-balles et d’un blouson siglé police, Gérard Collomb s’est rendu le sourire aux lèvres à Viry-Châtillon, où les policiers avaient été brûlés vifs dans leurs voitures. Un an après, aucune sanction, aucun jugement ne sont tombés sur les 19 tueurs de flics de la cité de la Grande Borne. L’enquête est paralysée par la loi des cités.

« L’enquête progresse, elle est difficile », reconnaît Eric Morvan, le directeur général de la police nationale, évoquant la loi du silence et l’omerta. Le 8 octobre 2016, deux voitures de police stationnées à un carrefour attenant à la cité de la Grande Borne, à cheval sur les communes de Viry-Châtillon et Grigny, sont prises d’assaut en plein jour par un groupe d’individus cagoulés armés de 13 cocktails Molotov. Les agresseurs bloquent les portières pour empêcher les quatre policiers de sortir de leurs véhicules en feu. Deux policiers sont grièvement brûlés, deux autres blessés.

A ce carrefour connu pour des vols violents à la portière sur les automobilistes, ces policiers avaient la curieuse mission de surveiller une caméra installée près d’un feu rouge et de servir de cible dans l’un des endroits les plus dangereux de France. Aucun ordre n’ayant été donné pour aller déloger et arrêter les agresseurs dans leurs quartiers dont la principale économie est le trafic de drogue : 6 000 euros de deal par jour, Place de la Treille à la Grande Borne à Grigny…

Cette énième attaque contre les policiers avait déclenché une fronde inédite dans les rangs de la police avec des manifestations dans toute la France. L’adjoint de sécurité Vincent Ruiz, 28 ans, est resté plusieurs mois entre la vie et la mort. Il n’a plus de main ni de visage, il porte un masque. Il est toujours en centre de rééducation où des médecins travaillent au quotidien sur lui pour des greffes de peau et de visage. « Il a un moral extraordinaire », vient de déclarer Gérard Collomb à la presse. On imagine !

Jenny, sa collègue de 39 ans mais aussi Sébastien et Virginie qui ont été blessés, ne feront plus jamais de police. Leurs agresseurs appartiennent tous à la même bande ultra-violente. Celle de la « S » comme « Serpente », du nom de la rue où ils traînaient. A la Grande Borne, labyrinthe de 3 600 logements sociaux considéré comme l’une des cités les plus dangereuses d’Ile-de-France, les habitants les connaissent. Souvent sous leurs surnoms : Lookaz, Koosdar, Toum’s, Ninio. Mais personne ne parle, c’est la terreur qui règne. L’appel à témoin et la gigantesque opération de porte-à-porte – 900 foyers interrogés – n’ont strictement rien donné. « A la Grande Borne, personne ne peut se permettre d’être une poucave (une balance) », explique un proche d’un suspect à BFM TV.

Lors des auditions de justice, ce sont les codes du quartier qui prévalent. Beaucoup ont nié en bloc, s’accusant les uns les autres, d’autres ont reconnu leur présence, certains avoir lancé des pierres. Mais aucun n’a assumé le jet d’un cocktail Molotov. Pas d’image, pas d’ADN (les tueurs étaient cagoulés et gantés). Sans aveu, les enquêteurs ont réalisé un travail de fourmi pour recueillir « des indices concordants », mais aucune preuve. Vers une relaxe générale à l’issue du procès faute de preuves ?

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2 commentaires

  1. Posté par Goupil mains rouges le

    C’est la guerre ! Donc il faut envoyer l’armée avec les grands moyens […]. Avec un peu de volonté politique, on peut aussi détruire le marché de la drogue.

  2. Posté par Léo C le

    C’est effectivement le Karscher qu’il faut passer; le vrai, pas celui de Sarko.

    Continuons ainsi dans le déni et la soumission et dans quelques années la rue s’en chargera avec le prix que l’on sait.

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