Transition Energétique : la faisabilité sérieusement mise en question

Jean-François Dupont
Ingénieur-physicien EPFL
LeuthardConf.EnergieDupontJF24.11.2017

Transition Energétique : la faisabilité sérieusement mise en question

 

Illustration : tirée de la présentation, p.4,  de Mme la Conseillère fédérale Doris Leuthard lors du séminaire DETEC-EPFL à Lausanne le 27-10-2017

http://iglus.org/wp-content/uploads/2017/11/Leuthard_Französisch.pdf

 

La Transition Energétique, ou Stratégie Energétique 2050 (SE2050) a été votée le 21 mai 2017. C’est en principe un objet sur lequel il n’y a pas lieu de revenir avant longtemps. Oui, mais le débat a été en grande partie escamoté – et donc probablement faussé – parce que quelques questions essentielles n’ont simplement pas été analysées comme elles  auraient dû l’être.

Parmi ces questions essentielles : la Transition Energétique est-elle faisable ? Peut-elle garantir la sécurité d’approvisionnement ?

Deux évènements récents ont fait ressurgir ces questions : un séminaire conjoint DETEC-EPFL le 27 octobre dernier à Lausanne en présence de Mme la Conseillère fédérale Doris Leuthard et les déclarations à Paris de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire le 7 novembre à Paris.

Petit point de la situation. 

La question de la Faisabilité de la Transition énergétique

En préalable il faut souligner que c’est une question qui se vérifie. Pas toutes les questions sont de cet ordre, mais celle-ci oui. Ce n’est ni une question de goût, ni de couleur, ni de préférence. C’est comme la forme de la Terre : je peux avoir l’impression ou l’envie qu’elle soit plate, mais, après vérification,  elle est ronde.

La question: est-il possible techniquement et à un coût économique acceptable de remplacer le nucléaire par des nouvelles énergies renouvelables, à savoir par des éoliennes et du solaire photovoltaïque (PV), sans augmenter la combustion d’énergies fossiles (charbon, mazout, gaz) ? La réponse et non : pour longtemps encore le solaire et l’éolien ne suffiront pas à eux seuls, sans nucléaire, à réduire la consommation des fossiles. Les raisons principales sont la grande dilution de ces formes d’énergie et leur intermittence. La dilution nécessite un effort de concentration énorme qui se traduit en masses de béton, acier et divers matériaux spéciaux qui ne sont ni gratuits ni sans impact sur l’environnement. L’intermittence doit être compensée par un stockage également très exigeant : pour la Suisse seule, si le stockage nécessaire à remplacer le nucléaire se fait avec des batteries au Lithium (les batteries de Tesla), la production mondiale de Lithium ne suffirait pas. Si le stockage se fait au moyen du pompage-turbinage, toujours pour la seule Suisse, il faudrait un volume égal à dix fois le bassin de Grande Dixence. Le nouvel aménagement de Nant-de-Dranse (Emosson) ne fait qu’un dixième de Grande-Dixence.

Le ClubEnergie2051 l’a dit dès les 1ères discussions en 2011 et l’a répété par la suite à plusieurs reprises, en mentionnant plusieurs analyses scientifiques probantes à ce sujet (documentation à disposition).

 

Faisabilité non vérifiée

Ce qui nous a le plus frappé, c’est que la faisabilité ne faisait pas l’objet d‘études. La documentation qui accompagnait le message du Conseil fédéral fixait des objectifs, en terme de réduction de la consommation d’électricité et de parts de l’éolien et du solaire, mais ne précisait pas les moyens, et les coûts, pour y arriver. Plus grave : la SE 2050 n’avait pas de « Plans opérationnels ». Giovanni Leonardi, 1er et ex CEO d’Alpiq, l’a même dit dans une conférence publique à l’EPFL. Le plan de réalisation ne pouvait donc être vérifié, il n’existait pas.

 

Premier enjeu majeur : la sécurité d’approvisionnement en électricité

L’importance de l’électricité est certes reconnue : nos lumières, toute l’électronique et la numérique, nos outils ménagers et professionnels, la pompe du chauffage à mazout, la pompe de la colonne d’essence, etc… presque tout en dépend.

Ce qui est moins connu c’est la fragilité potentielle : quelques secondes de déséquilibre grave entre consommation instantanée et production instantanée du courant, et tout le réseau peut s’effondrer. Cela peut durer plusieurs jours parce que « remonter le réseau » est difficile.

De plus le manque d’électricité n’est pas un manque ordinaire. S’il manque du pain à la boulangerie à la fin de la journée, un ou deux % des clients devront se rabattre sur des biscottes. Mais s’il manque 1 ou 2 % du courant nécessaire au maintien de la stabilité du réseau électrique, c’est tout un pays, voire un continent qui plongent « dans le noir ».

 

Deuxième enjeu : concilier développement de notre niveau de vie et protection de l’environnement

C’est devenu un thème politique majeur : l’augmentation de la population et de notre niveau de vie peuvent menacer la planète et l’équilibre de son environnement. Certains le prétendent haut et fort : restreindre notre niveau de vie serait devenu inéluctable pour sauver l’environnement.

Je n’insiste pas ici sur l’importance de cet enjeu. Il faut pourtant prendre conscience de l’avenir sombre qui nous attendrait si restreindre notre niveau de vie devenait un objectif obligé dans chaque pays. Qui décidera de combien et qui devra se restreindre ?

Pour l’instant je souhaite juste remarquer que l’énergie en général joue un rôle déterminant dans une bonne partie des menaces annoncées sur l’environnement. Les fossiles, charbon, mazout et gaz (dans l’ordre décroissant de leurs impacts) en particulier. Il y a l’épuisement des réserves, le CO2 et le climat (avec des incertitudes sur la menace réelle), la pollution atmosphérique et les dégâts collatéraux de la géopolitique liée à l’emplacement des réserves de pétrole et de gaz.

Une conséquence : recourir à un mix énergétique qui permette de faire plus d’énergie utile (force, chaleur, lumière, électricité,… avec moins de nuisance) serait plus attractif que de se serrer la ceinture (et celle de nos enfants). Or chaque gramme d’Uranium fissionné remplace la combustion de 1,5 t de mazout.

Paradoxe : le nucléaire est particulièrement combattu, de manière idéologique, par les partis et ONG se réclamant de l’écologie : or c’est peut-être précisément sur le plan écologique que le nucléaire présente le plus d’avantages. Disent-ils

Oui mais il y a les déchets disent-ils. Or un gramme de produits de fission soigneusement emballé et étanche, sans contact avec la biosphère, vaut mieux que 4.5 t de CO2 et des dizaines de kg de NOx et autres polluants dilués dans l’air que nous respirons. Au point que la réduction de l’espérance de vie d’un Japonais vivant à Tokyo par la pollution atmosphérique et beaucoup plus élevée que celle, pratiquement pas mesurable, de celui qui serait resté dans la zone contaminée de Fukushima. Cette information est très peu diffusée. Elle se vérifie aussi (documentation à disposition).

 

Trois menaces sérieuses sur la sécurité d’approvisionnement en électricité

Première menace : la SE 2050, qui prévoit de supprimer la part du nucléaire, 40 % sans dire comment les remplacer. Deuxième menace : l’ouverture du marché de l’électricité. La Suisse était assurée par ses entreprises supra cantonales (EOS, BKW, NOK,…) qui disposaient d’une large capacité de réserves avec leurs parcs hydraulique et nucléaire. Le marché, en leur retirant leur monopole, leur retire aussi la responsabilité de l’approvisionnement. À qui cette responsabilité est-elle transmise ? Ce n’est pas clair : au marché ? Aux distributeurs régionaux ? Troisième menace : la débâcle financière des grands barrages (60 % de notre approvisionnement). C’est aussi une conséquence de l’ouverture du marché : les distributeurs régionaux (SIG, SIL, RE, Groupe E,…) n’achètent plus les kWh de nos barrages, parce qu’ils vont à la bourse européenne de Leipzig, où le courant se vend entre 2 et 3 ct/kWh, soit bien en dessous des 7- 8 ct/kWh du prix de revient de l’hydraulique suisse. Comment ce prix si bas, en-dessous de n’importe quel prix de revient, est-il possible ? Grâce au mécanisme de la bourse, qui plonge en période d’excès de l’offre sur la demande. Est c’est le cas depuis quelques années à cause de la récession économique en Europe.

 

Doris Leuthard essaie de nous rassurer le 27 octobre à Lausanne

Notre ministre de l’énergie -  et présidente de la Confédération – est venue en personne avec son entourage tenter de nous rassurer lors d’un séminaire DETEC-EPFL le  27 octobre dernier.

Programme et rapports sont sur :  https://www.uvek.admin.ch/uvek/fr/home/detec/doris-leuthard-presidente-de-la-confederation/manifestations/infrastrukturtagung-2017.html

En consacrant ce séminaire à la sécurité d’approvisionnement, Mme Leuthard reconnaît implicitement que c’est une préoccupation. Préoccupation aussitôt balayée par une série de discours où il est affirmé de manière un peu incantatoire que « tout est en ordre ». Si on décortique un peu les documents cet optimisme de commande tiendrait aux arguments suivants :

  • Pas de soucis en vue jusqu’en 2030. 2030 est désigné comme du long terme, alors que le long terme est plutôt au-delà de 2030. La raison : les parcs hydraulique et nucléaire sont encore là.
  • Au-delà, voire avant en cas de pépin, il y a une panoplie de moyens de secours : les importations de courant de l’UE, des centrales au gaz suisses et la « numérisation » des réseaux. Or l’UE présente plus un problème qu’une solution en terme de sécurité d’approvisionnement. Les centrales à gaz seront difficiles à faire accepter : remplacer des centrales sans CO2 par des centrales qui émettent du CO2 est absurde, La numérisation des réseaux est de la tarte à la crème, censée tout résoudre mais sans explication convaincante.

Et toujours pas de plan opérationnel pour la SE 2050. Pas d’éclaircissement sur les contradictions entre une SE 2050 qui interdit une certaine énergie et en subventionne d’autres et un marché qui devrait laisser le client choisir librement et l’industrie investir à bon escient et librement aussi.

Le slide no 4 de la présentation de Mme Leuthard mérite le détour : voir l’illustration en début  d’article.

Si c’est son message, il est plutôt inquiétant. Ou est-ce de l’humour ? À quel degré ?

 

Nicolas Hulot, et la France, le reconnaissent enfin: la faisabilité n’a pas été vérifiée

Ministre de « la Transition Ecologique et Solidaire » Nicolas Hulot est venu déclarer le 8 novembre dernier, au nom du gouvernement français, que la réduction de 75 à 50 % de la part du nucléaire dans la production française d’électricité ne pourrait pas se faire d’ici 2025, mais plus tard.

Argument principal avancé : mes prédécesseurs ont fixé des objectifs sans vérifier leur faisabilité. Or constat : une telle réduction du nucléaire ne pourra pas être compensée que par de l’éolien et du solaire. Il faudrait recourir de manière importante au gaz et au charbon. Ce ne serait pas acceptable sur le plan écologique.

Plusieurs études sont à l’origine de cette prise de position (documentation à disposition).

 

Suisse et France : similitudes et différences

La principale similitude : dans chaque pays il y a une forte inclination politique et idéologique vers une transition énergétique.

Mais la France a maintenu, plus que la Suisse, une capacité d'analyses factuelles rigoureuses au sein de plusieurs institutions: ses Académies des sciences, ses services comme France Stratégie, RTE,...

Ces institutions ont publié leurs analyses, qui se révèlent être bien faites. Exemples:

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/124000083-energies-2050

http://www.academie-sciences.fr/fr/Libres-points-de-vue-d-academiciens/libres-points-de-vue-d-academiciens-sur-l-energie.html

http://www.strategie.gouv.fr/publications/transition-energetique-allemande-fin-ambitions

En Suisse une partie du monde académique a très vite fait allégeance à Mme Leuthard depuis Fukushima. On a entendu un professeur de l’EPFL déclarer que la faisabilité ne pose pas de problème, précisant même que cela ne coûterait pas beaucoup plus. Nous avons voulu vérifier et nous lui avons demandé son analyse : nous n’avons pas eu de réponse probante.

L’annonce de Nicolas Hulot a été reprise et fortement commentée dans tous les médias français

On a vu sur un plateau de TV français un journaliste politique se prendre la tête entre les mains et déclarer : « … mais comment est-ce possible qu’ « ils » n’aient pas vérifié ? »

En Suisse nous n’avons rien vu des déclarations de Nicolas Hulot dans les médias. Le ClubEnergie2051 a le sentiment que nos propres analyses et celles repérées en provenances de sources scientifiques sérieuses, signalées sur notre site Internet       ( www.clubenergie2051.ch ) ont été considérées comme des arguments de « pronucléaires », donc comme de l’autojustification sans crédibilité.

Le fait qu’un Nicolas Hulot le dise, semble un peu changer les choses. Il est vrai que c’est difficile de le taxer de pro nucléaire. Mais cela ne semble changer que pour la France.

 

Au final

Dommage quand même. Le terme de Fake News est devenu très à la mode. Beaucoup de médias dénoncent cette tendance à suivre ses émotions plutôt que pratiquer l’analyse rigoureuse et exigeante des faits. Mais à les suivre, tout se passe comme si la seule source de Fake News était... Donald Trump. Cela occulte beaucoup de vrais Fake News.

Si on se trompe avec l'énergie, les risques sont graves pour tous.  C’est notre niveau de vie et la qualité de notre environnement qui sont en jeu. Au nom de lendemains écologiques qui devraient chanter, on nous conduit par aveuglement idéologique vers une baisse de notre niveau de vie et une aggravation des impacts sur l’environnement. Cela vaut la peine de vérifier les recettes proposées.

 

Publié également sur :

https://clubenergie2051.ch/2017/11/22/transition-energetique-la-faisabilite-serieusement-mise-en-question/

 

Jean-François Dupont, 26-11-2017

 

9 commentaires

  1. Posté par Jean-François Dupont le

    @Amarrllys Taylor
    Merci de relever cette question du Plutonium, qui est très utilisée par les antinucléaire pour faire peur, et désinformer. Que faire de ce plutonium ? Â choix on peut en faire des bombes, des déchets ou de l’énergie. Les professionnels en font de l’énergie, il est fissile. Bémol : avec un seul passage dans les réacteurs, tout le Plutonium n’est pas détruit : si on veut le transformer complétement en énergie il faut le séparer du combustible irradié et le recycler dans du combustible frais. Ce qui doit faire réfléchir : la SE 2050 interdit non seulement de construire de nouveaux réacteurs, mais elle interdit aussi le retraitement du combustible irradié. Donc on en fait du déchet. Et avec plaisir les antinucléaires avertissent : les déchets sont dangereux parce qu’il y a du plutonium…
    Autre aspect lié aux déchets : les déchets nucléaires font partie des déchets spéciaux. Les déchets spéciaux sont les déchets des déchets, ceux qui ne peuvent pas être recyclés, ou dilués ou détruits. Les déchets spéciaux (non nucléaires) et les déchets nucléaires posent donc un même problème : il s’agit de les isoler soigneusement de la biosphère et de s’assurer que cette séparation dure aussi longtemps que leur toxicité. Si on compare : le volume des déchets spéciaux (50 kg par an et par hab.) est 100 fois celui des déchets nucléaire (0.5 kg), la durée de vie des déchets spéciaux est plus que longue, c’est l’éternité, car il n’y a pas de décroissance de leur toxicité, au contraire de la décroissance de la radioactivité dont la période peut aller de quelques minutes à quelques milliers d’années. Merci à Antoine d’avoir corrigé celle du Plutonium et d’avoir donné un excellent lien Internet. Où la différence est la plus frappante c’est dans la qualité de l’isolation de la biosphère des deux catégories de déchets. Pour les déchets spéciaux, la Confédération a établi un inventaire de 38’000 sites contaminés en Suisse, dont 4’000 voient les produits toxiques d’échapper des sites par les nappes phréatiques. Parmi les cas connus, le mercure de Lonza à Viège et la décharge de la chimie bâloise à Bonfol. Des déchets spéciaux mal gérés conduisent à des contaminations, puis éventuellement à des dégâts. Il n’y a pas de sites contaminés par le nucléaire en Suisse. De fait si les déchets spéciaux étaient aussi bien gérés que les déchets nucléaires, l’inventaire de de la Confédération serait vide. Paradoxe : la gestion des déchets nucléaire est un modèle porteur de solution, alors que certains prétendent qu’ « il n y a pas de solution ». De plus, quand vous dites « …les déchets de la fission nucléaire dont l’auteur fait si peu cas…» c’est désobligeant à l’égard des professionnels. Nous nous en occupons au contraire de manière très sérieuse. Mais…avez-vous déjà vu dans les médias un reportage sur cette activité avec des explications de spécialistes ?
    Il y a deux attitudes à éviter avec le nucléaire, parce aussi extrêmes l’une que l’autre : dire non à tout prix, ou dire oui à tout prix. La seule attitude responsable est de fixer des règles de sécurité : la vraie question est alors « sous quelles conditions l’usage du nucléaire civil est-il acceptable? ». C’est oui sous certaines conditions, ou non si ces conditions ne pas remplies. Les conditions d’acceptations devraient être la priorité du débat. Malheureusement ce débat n’a jamais lieu, pour un raison très simple : les antinucléaires ne veulent (surtout) pas la sécurité du nucléaire. Ils ne la demandent pas. Ils en veulent la disparition.
    En savoir plus :
    https://clubenergie2051.files.wordpress.com/2017/03/annexe-2-nuclc3a9aire-les-dc3a9chets-ne-sont-pas-une-raison-dinterdire-le-nuclc3a9aire-jfd-21-04-2013.docx
    https://clubenergie2051.files.wordpress.com/2017/03/annexe-1-nuclc3a9aire-rc3a9ponses-brc3a8ves-aux-grandes-objections-jfd-21-04-2013-2.docx
    @Ieone et aussi @Dominique Schwander
    Vous soulevez une question essentielle, qui revient dans beaucoup de débats sur le futur de l’humanité : quelle population et quel niveau de vie (ou de consommation) peut supporter la planète ? Je regrette que, dans ce qu’on entend souvent, il y a surtout des convictions pessimistes dans le sens de « ce ne sera pas possible », mais peu d’analyses. Or il faut d’abord définir où sont les limites, ce qui est plutôt technique. Par contre décider des conclusions, selon que ces limites se révèleront très contraignantes ou au contraire avec une grande marge de manœuvre, pourra soulever des questions morales et éthiques difficiles. Nous avions évalué au PSI (Institut Paul Scherrer), dans un cours de cosmologie, qu’une une planète avec 12 milliards d’individus, chacun le niveau de vie (et de consommation) des Américains (USA) et que des énergies renouvelables à disposition, n’était pas physiquement impossible. Des bilans d’énergie, de nourritures et de matières premières, montraient que ce n’était pas incompatible a priori avec les ressources de la Terre. Par ailleurs les démographes prévoient un maximum de population qui ne devrait pas dépasser 9 à 10 milliards. Et le niveau de vie des Américains pourra être atteint à un niveau de consommation amélioré à la baisse par les mesures anti gaspillages. L’homme n’est pas qu’un prédateur : il peut améliorer le cadre de vie. Ce qui est sûr est que, si on se persuade dans nos têtes que c’est impossible et qu’il est inutile d’essayer, alors cela restera impossible. Nous devons nous encourager à nous retrousser les manches plutôt qu’à baisser les bras.
    Sur cette question, lire Jeannne Hersch à l’EPFZ en 1986:
    https://clubenergie2051.files.wordpress.com/2014/05/energie_service_humanite_hersch_1986.pdf

  2. Posté par leone le

    Monsieur Dupond vous craignez un abaissement du niveau de vie, perspective qui n’est pas réjouissante il est vrai. Mais est-ce que la Terre va pouvoir encaisser une augmentation perpétuelle du niveau de vie multiplié par un accès d’un toujours plus grand nombre aux moyens de pollution les plus modernes (voitures, computers, climatisations, nourriture industrielle, etc.) et multiplié par une augmentation continuelle de l’humanité que certains prédisent à 10 milliards en 2050? J’ai de la peine à le croire.

  3. Posté par Antoine le

    @Amarillys Taylor : La période du plutonium-239 est de 24 000 ans
    Référence : http://www.laradioactivite.com/site/pages/plutonium239.htm
    Cela en fait un très dangereux produit de fission; de plus cet élément est très TOXIQUE !
    Si des avancées technologiques sont possibles dans la production de l’énergie électrique, il est aussi à considérer que l’éducation permet de transmettre de bonnes règles de consommation ou de NON consommation. Le kWh qui n’est pas consommé, n’est pas produit ! Donc économisons ! (Chauffage, isolation, éclairage, ventilation, déplacements, etc …)
    Les études faites concernant les économies montrent que nous gaspillons à tours de bras des MWh inutilement !

  4. Posté par Christian Hofer le

    Excellent billet.

    Sans parler du problème de la concurrence : comment être compétitif si les coûts de l’électricité explosent? avec des délocalisations qui entraineront du chômage et un appauvrissement de notre pays? avec des impôts qui augmenteront pour contrebalancer les départs des grandes entreprises? Il me semble que l’on peut s’attendre à une régression économique du pays.

    J’avais fait modestement un travail d’étude sur Energie 2050, le programme du Conseil fédéral. Notre gouvernement se basait notamment sur des avancées technologiques futures sans aucune garantie. Son projet n’était pas sérieux. Même en étant respectueux de la nature, j’ai voté Non à cette mascarade. Ce n’était tout simplement pas viable.

    Quant à dépendre des pays de l’UE pour l’approvisionnement alors qu’ils cherchent à nous piéger, nous menacent constamment, c’est offrir la clé de sa maison à des cambrioleurs. Sur le plan politique, c’est du suicide. Un pays qui veut garder sa liberté se doit d’avoir ses propres entreprises électriques qui lui assurent l’autonomie.

    Leuthard a déjà perdu toute crédibilité avec le milliard offert à Juncker. Et si c’était encore l’une de ses entourloupes pour lier notre avenir au dictat de l’UE, nous forçant ainsi à tout accepter, jusqu’à l’adhésion, sans aucune marge de manoeuvre?

    Cela ne m’étonnerait aucunement.

  5. Posté par Christian Multone, Monthey le

    Merci pour ce travail de fond fouillé, intelligent et objectivement argumenté. Nous sommes nombreux à attendre de nos politiciens, pour toutes ces questions d’energie, qu’ils deviennent enfin raisonnables et crédibles, et, plutôt que de nous raconter des fables, qu’ils fondent leurs arguments sur des données scientifiquement vérifiées.

  6. Posté par Amarillys Taylor le

    Notre monde futur sera sans énergie nucléaire ou ne sera pas car les déchets de la fission nucléaire dont l’auteur fait si peu cas sont tellement dangereux, leur demi-vie ( celle du plutonium par exemple est de 400 ans ) que on ne peut moralement laisser ce fardeau aux générations qui suivront. Nous survivrons sans nucléaire mais PAS avec! Quant à Mr. Hulot pauvre marionnette politique hantée par de démons  » écologiques » qu’il n’a pas réussi a rendre vraisemblables, il s’est simplement rendu compte que la France sous l’emprise de la nucléarisation à outrance avec ses nombreuses centrales nucléaires ne pourra pas se dénucléariser dans un futur proche…

  7. Posté par Schwander Dominique le

    Oui faisons comme Trump. En outre, vu que tout citoyen-contribuable suisse est confrontés aux faits ci-après, chacun doit s’obliger à faire des efforts personnels et investir pour corriger nos erreurs.
    1. Une fois de plus avant de voter sur l’énergie, nous avons été désinformés, endoctrinés et manipulés par nos élus (en particulier Doris Leuthard et sa clique écolo pseudo-scientifique et doctrinaire): mensonges et amateurisme, conséquences, effets pervers, risques, faisabilité et coûts pas étudiés honnêtement… alors que nous avons deux des meilleures écoles polytechniques du monde!
    2. Le plus grand déprédateur de la nature est l’être humain qui consomme et dilapide de l’énergie et les ressources naturelles. Donc avant de nous motiver à économiser l’énergie et à l’obtenir différemment… il faut prendre des mesures pour que la population mondiale n’augmente plus et que la densité de population diminue en Europe qui est le continent à la densité de population la plus élevée. Comme il est attristant de lire dans Le Nouvelliste qu’on se félicite de la forte augmentation de la population en Valais!
    3. Les déchets nucléaires sont un risque réel et il est irresponsable et immoral de reporter ce risque sur nos petits enfants.
    4. Quoiqu’on fasse le coût de l’énergie va continuer à augmenter alors que, vu les conflits à venir, l’indépendance énergétique de notre pays devrait être assurée.
    Par conséquent il faut d’urgence:
    1. Obliger tous les citoyens a produire autant d’énergie qu’ils en consomment chez eux et en déplacement, donc que tous les bâtiments d’habitation et de bureaux soient énergie positive, propre et verte évidemment; immédiatement pour les nouvelles constructions et à court terme pour les autres. Ceci est possible puisque nous l’avons fait comme d’autres citoyens clairvoyants. Les entreprise doivent également être obligées d’investir pour produire de l’énergie propre.
    2. Arrêter d’investir à court terme dans des voitures électriques à batterie et de nous mentir sur leurs qualités. Choisir une vision à long terme en particulier concernant le stockage de l’énergie électrique: condensateurs de nouvelle génération, cellules combustibles, production et stockage d’hydrogène… et faire de la recherche dans ce sens en se rappelant que pendant la deuxième guerre mondiale lorsqu’on eut plus de latex pour faire des pneus et en équiper les véhicules militaires pour combattre les nazis et leurs alliés, en six mois on réussit à en produire en caoutchouc synthétique.

  8. Posté par Antoine le

    Mme Leuthard, lors de sa conférence à l’EPFL le 8 mai dernier, a affirmé qu’il n’y aura AUCUN problème lors de la transition énergétique, pas de manque de courant (Black out) et pas d’augmentation du prix du kWh !!
    Mme Leuthard s’est basée sur des études d’ingénieurs de productions électriques (Hydraulique, solaire et éolien) et d’économistes suisses et européens.
    L’exemple allemand (Energiewende) démontre depuis plusieurs années les limites des énergies renouvelables, son coût exorbitant, les risques de sur-production (avec des réseaux électriques saturés et des coûts du kWh NÉGATIFS). Les subventions énormes consenties pour les énergies renouvelables (de l’ordre de 20-25 milliards € par an) produisent un effet pervers sur les prix de gros (Clients consommant >100’000 kWh/an) qui sont de l’ordre de 40 à 60€/MWh !!
    D’autre part, les statistiques européennes montrent que les émissions de CO2 augmentent pour les années 2014-2016 !! Donc ça va à l’encontre du but initial de diminuer ces émissions …

  9. Posté par hausmann. conrad le

    Faisons comme Trup : Un grand coup de pieds -au- cul du GIEC, cette association de pollueurs privilégiés par la machine mondialiste onusiene.

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