La censure sur les campus du Canada

post_thumb_default

 

Conférenciers hués, manifestations bloquées, groupes étudiants censurés... La liberté d’expression des étudiants et de certains professeurs est mise à mal par une nouvelle mobilisation des groupes minoritaires. Emmanuelle Latraverse et Benoit Giasson se sont penchés sur la question.

La censure sur les campus. Reportage de @elatraverse au #tj22h pic.twitter.com/LBLKfTIfUV

— Céline Galipeau (@CGalipeauTJ) 12 décembre 2017

Si la vidéo ne démarre pas, voir ici.

La chronique Mathieu Bock-Coté à ce sujet :

Le reportage du Téléjournal de Radio-Canada sur la censure à l’université a probablement choqué ceux qui s’imaginent encore qu’elle valorise la liberté intellectuelle. Mais ceux qui sont familiers avec elle ne pouvaient pas feindre la surprise.

D’un côté, on trouvait une jeune fille plutôt à droite subissant la censure d’une association étudiante.

De l’autre, on trouvait la porte-parole­­­ de cette association, pratiquant fièrement la censure.

Censure

Ce qui est dramatique, c’est que cette dernière est assez représentative de la nouvelle génération militante à gauche qui prétend redéfinir le débat public en en excluant ceux qui ne se réclament pas de ses dogmes.

Quelques exemples. On trouve ainsi des militants antiracistes qui veulent décider qui aura droit ou non à la parole publique. Leur objectif : en priver les racistes. Certains diront : pourquoi pas ?

Sauf que l'onconstate que nos antiracistes ont une définition très large du racisme. Vous critiquez le multiculturalisme ou l’immigration massive ? Vous vous demandez dans quelle mesure l’islam parvient à s’intégrer aux sociétés occidentales ? On pourra à tout moment vous traiter de raciste.

Pire encore : si vous contestez l’idée que le racisme systémique structure notre société, on pourra aussi vous accuser de racisme. Il faut voir le monde comme ces militants endoctrinés ou se condamner à l’ostracisme médiatico-politique.

Je parle de l’antiracisme qui devient fou, mais je pourrais aussi évoquer le féminisme radical qui voit du sexisme partout. Ou encore, la mouvance trans, en croisade contre une supposée transphobie généralisée, et qui balance des injures à ceux qui voient le monde autrement.

Partout, en toutes circonstances, les indignés professionnels surveillent la parole publique, à la recherche de propos à dénoncer. C’est la dictature des minorités haineuses.

Ces censeurs fiers de l’être dénaturent l’université, souvent avec la complicité des autorités universitaires, trop lâches pour défendre leur institution, et la collaboration de professeurs-militants qui confondent savoir et idéologie.

Ces censeurs sont tellement ivres de vertu et tellement convaincus d’avoir le monopole de la vérité que la simple expression d’un point de vue différent du leur semble être un scandale.

Ils nous disent : la liberté d’expression ne doit pas servir à exprimer des idées qui pourraient être offensantes pour telle ou telle minorité. En gros, ils veulent nous imposer leur définition du blasphème identitaire.

Certains, pour jouer les grands équilibristes, nous disent qu’on doit trouver un équilibre entre la liberté d’expression et l’encadrement des propos controversés.
C’est une fausse sagesse.

Politiquement correct

Car qui distinguera entre les propos controversés et ceux qui ne le sont pas ? Les minorités idéologiques hysté­riques pour qui le désaccord est une offense ? Une autorité surplombante composée d’experts partiaux ?

Et les propos controversés des uns sont souvent les propos lumineux des autres.

Il faut en revenir au simple bon sens : les universités doivent prendre les moyens nécessaires pour restaurer un climat intellectuel propice à la liberté intellectuelle et faire comprendre aux sectes idéologiques que leur règne est terminé.

Mais cela exigera du courage. Car c’est toute la société qui est soumise au politiquement correct.

Voir aussi

Le correctivisme politique dans les universités « d’élite » américaines

L’assistante intimidée par l’université Wilfrid Laurier ne croit pas en la sincérité des excuses de l’université

Université Wilfred Laurier (Ontario) — S’opposer aux pronoms transgenres (Jordan Peterson), c’est comme Hitler...

La croisade des LGBT contre la liberté d’expression et les distinctions linguistiques immémoriales

France — L’indépendance d’esprit y serait en danger dans les universités.

Des universités politiquement correctes qui doivent « protéger » leurs étudiants

Québec — La radicalisation « anarchiste » à l’université inquiète

La censure contaminerait les milieux universitaires

UQAM — Débat sur ECR annulé suite à des menaces (m-à-j)

Canada — Liberté d’expression et d’opinion menacée dans les universités

Angleterre — Les bustes d’universitaires blancs « intimident les minorités ethniques »

Uniformiser les universités de la « nation arc-en-ciel » au nom de l’« unité » ?

Un tiers des Américains ont une opinion négative des universités

Les étudiants américains et leur lutte contre les « auteurs blancs décédés » (suite et non fin)

La censure contamine les milieux universitaires

 

Extrait de: Source et auteur

Suisse shared items on The Old Reader (RSS)

4 commentaires

  1. Posté par Claire le

    Ce phénomène de police de la pensée n’est pas récent. Il existe en France et en Europe occidentale également et il y sévit depuis les années 70, où trotskisme, maoïsme, mondialisme et préférence allogène se sont répandus et ont infiltré tous les lieux décisionnels de nos sociétés.

  2. Posté par Sitting bull le

    ça déconne au canada avec Trudeau …pire qu en Europe …

  3. Posté par coocool le

    Il n’y a pas de honte à être blanc, chrétien et mâle !

  4. Posté par Vautrin le

    Nous le savions depuis longtemps : le Canada fait partie des territoires perdus de l’Occident. Le règne de la mazette Justin Trudeau le montre à l’évidence. C’est aux Canadiens, comme aux autres peuples d’Occident, de comprendre que la solution n’est pas dans les votes, mais dans l’insurrection.

Et vous, qu'en pensez vous ?

Poster un commentaire

Votre commentaire est susceptible d'être modéré, nous vous prions d'être patients.

* Ces champs sont obligatoires

Avertissement! Seuls les commentaires signés par leurs auteurs sont admis, sauf exceptions demandées auprès des Observateurs.ch pour des raisons personnelles ou professionnelles. Les commentaires sont en principe modérés. Toutefois, étant donné le nombre très considérable et en progression fulgurante des commentaires (150'216 commentaires retenus sur 9'675'514, chiffres au 25 septembre 2017) un travail de modération complet et exhaustif est totalement impensable. Notre site invite, par conséquent, les commentateurs à ne pas transgresser les règles élémentaires en vigueur et à se conformer à la loi afin d’éviter tout recours en justice. Le site n’est pas responsable de propos condamnables par la loi et fournira, en cas de demande et dans la mesure du possible, les éléments nécessaires à l’identification des auteurs faisant l’objet d’une procédure judiciaire. Les commentaires n’engagent que leurs auteurs. Le site se réserve, par ailleurs, le droit de supprimer tout commentaire qu’il repérerait comme anonyme et invite plus généralement les commentateurs à s’en tenir à des propos acceptables et non condamnables.

Entrez les deux mots ci-dessous (séparés par un espace). Si vous n'arrivez pas à lire les mots vous pouvez afficher une nouvelle image.